Divorce : la procédure expliquée étape par étape

Si vous envisagez de mettre fin à votre union maritale, la procédure à suivre dépend d’un élément clé : êtes-vous d’accord avec votre conjoint sur le principe de la rupture du mariage et sur ses conséquences ? Si tel est le cas, la voie du divorce par consentement mutuel s’ouvre à vous. A défaut, vous devrez vous diriger vers un divorce contentieux. Dans les deux cas, l’assistance d’un avocat est obligatoire, et le rôle du notaire peut s’avérer central dès lors que vous détenez un patrimoine commun.
Notaire assistant un couple lors d'une procédure de divorce à Bordeaux.

Si vous envisagez un divorce, le notaire et votre avocat seront vos deux interlocuteurs clés tout au long de la procédure. La voie à suivre dépend d’un élément central : êtes-vous d’accord avec votre conjoint sur le principe de la rupture et sur toutes ses conséquences ?

Si tel est le cas, la voie du divorce par consentement mutuel s’ouvre à vous. A défaut, vous devrez vous diriger vers un divorce contentieux. Dans les deux cas, l’assistance d’un avocat est obligatoire, et le rôle du notaire peut s’avérer central dès lors que vous détenez un patrimoine commun.

L'essentiel à retenir

Comparatif des deux procédures

Consentement mutuel Divorce contentieux
Durée indicative 3 à 6 mois 1 à 3 ans
Passage devant le juge Non (depuis 2016) Oui, obligatoire
Accord requis Sur tout (principe + conséquences) Sur le principe seulement (ou aucun)
Nombre d'avocats 2 (un par époux) 2 (un par époux)
Intervention du notaire Dépôt de la convention + état liquidatif si bien immo Liquidation du régime matrimonial après jugement
Coût moyen Plus abordable Plus élevé (procédure longue)
Alliances posées sur un document en cours de signature lors d'une procédure de divorce

Le divorce par consentement mutuel

Lorsque les deux époux sont d’accord sur le principe de la rupture du mariage, ainsi que sur toutes ses conséquences (résidence des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire, partage du patrimoine), ils peuvent divorcer par consentement mutuel. Depuis 2016, la procédure se déroule sans aucun passage devant le juge.

Les 5 étapes de la procédure

1
Le choix de deux avocats distincts
Depuis que la procédure est déjudiciarisée, chaque époux doit être représenté par son propre avocat. Il n'est plus possible de partager un conseil commun : cette règle permet de garantir l'équilibre de l'accord final.
2
La rédaction de la convention de divorce

Les deux avocats rédigent ensemble la convention de divorce. Ce document fixe l'intégralité des accords conclus entre les époux : sort du domicile conjugal, modalités de résidence des enfants, droit de visite et d'hébergement, et éventuelle prestation compensatoire.

Dès lors que le couple possède un bien immobilier en commun, le notaire doit obligatoirement intervenir pour rédiger l'état liquidatif du régime matrimonial. Cet acte authentique sera annexé à la convention. Si les époux souhaitent conserver le bien temporairement, ils peuvent opter pour une convention d'indivision, également rédigée par un notaire.

Notaire requis si bien immobilier commun
3
Le délai de réflexion de 15 jours
Le projet de convention est adressé à chaque époux par leur avocat respectif par lettre recommandée avec accusé de réception. Un délai légal de quinze jours à compter de la réception du projet doit obligatoirement s'écouler avant la signature. Cette période permet de s'assurer du consentement de chacun et qu'aucun époux ne s'engage sous l'effet de la précipitation.
4
La signature de la convention
À l'issue du délai, les deux époux et leurs avocats se réunissent pour signer la convention. Après relecture complète, chacun appose sa signature sur l'acte, établi en trois exemplaires.
5
Le dépôt chez le notaire
Dans un délai de 7 jours suivant la signature, la convention est transmise par l'un des avocats à un notaire. Ce dernier vérifie le respect des conditions de forme et la dépose au rang de ses minutes dans un délai de 15 jours. Ce dépôt confère à la convention sa force exécutoire : le divorce est alors effectif. Le notaire délivre ensuite une attestation à chacun des époux.
Divorce effectif — sans passage devant le juge

Les divorces contentieux

La loi prévoit trois formes de divorces contentieux : le divorce sur acceptation du principe de la rupture du mariage, le divorce pour altération définitive du lien conjugal et le divorce pour faute. Le premier s’adresse aux époux qui sont d’accord sur le principe de la rupture, mais ne parviennent pas à s’entendre sur ses conséquences. Le second peut être demandé dès lors que les époux vivent séparément depuis au moins un an. Enfin, le dernier suppose de démontrer une violation grave ou renouvelée d’un des devoirs du mariage.

Les 5 étapes de la procédure

1
L'assignation en divorce

La procédure débute par une assignation devant le tribunal judiciaire rédigée par l'avocat du demandeur et transmise à son conjoint par un commissaire de justice. Le tribunal compétent est celui du lieu de résidence de la famille. Dans l'hypothèse où les époux vivent déjà séparément, la compétence est déterminée selon le lieu de résidence habituelle des enfants mineurs ou, à défaut, le lieu de résidence de l'époux qui n'a pas pris l'initiative de la procédure de divorce.

Il est également possible, si les deux époux sont d'accord sur le principe du divorce, de saisir le tribunal par requête conjointe. Ils peuvent alors choisir le tribunal du lieu où réside l'un ou l'autre.

2
L'audience d'orientation et sur mesures provisoires

Avant la réforme de 2019, une audience de conciliation se tenait afin de tenter une réconciliation des époux et de fixer des mesures provisoires. À son issue, le juge rendait une ordonnance de non-conciliation, terme encore familier bien qu'elle ait disparu depuis la réforme. Désormais, cette étape est remplacée par l'audience d'orientation et sur mesures provisoires.

Le juge aux affaires familiales reçoit une première fois les époux afin d'orienter la procédure (fixer le calendrier) et statuer sur les mesures provisoires, c'est-à-dire l'organisation concrète de la vie du couple pendant toute la durée de la procédure. Le juge peut notamment attribuer la jouissance du domicile conjugal, statuer sur la résidence des enfants et les droits de visite ou encore désigner un notaire en vue d'élaborer un projet de liquidation du régime matrimonial.

3
L'échange des conclusions
Après l'audience d'orientation, la procédure entre en principe dans une phase dite de mise en état. Les avocats s'échangent leurs conclusions écrites, exposant les demandes et arguments de leurs clients respectifs.
4
L'audience de plaidoirie et le jugement
Une fois le dossier en état d'être jugé, une audience de plaidoirie est fixée. Les avocats présentent oralement leurs arguments devant le juge. Ce dernier ne rend pas sa décision lors de l'audience : il met l'affaire en délibéré avant de rendre son jugement par écrit à une date qu'il communique aux parties. Le jugement prononce le divorce et statue sur ses conséquences. Les parties disposent d'un délai d'un mois à compter de la signification du jugement pour faire appel si elles le souhaitent.
5
La liquidation du régime matrimonial
Dans les divorces judiciaires, la liquidation du régime matrimonial intervient en principe après le prononcé du divorce définitif. Les ex-époux doivent d'abord tenter de parvenir à un accord amiable sur le partage des biens avec l'aide d'un notaire. En cas de désaccord persistant, le juge peut alors être saisi pour trancher.
Divorce prononcé par le juge

Le rôle essentiel du notaire dans la liquidation du régime matrimonial

Dans toute procédure de divorce, le notaire joue un rôle incontournable dès lors que les époux possèdent des biens immobiliers ou un patrimoine commun significatif.

Pour réaliser la liquidation du régime matrimonial, il devra dresser un inventaire exhaustif de l’actif (tous les biens possédés) et du passif (les dettes) afin de déterminer la valeur nette à partager entre les deux époux selon les règles du régime matrimonial applicable.

Il retrace également les mouvements de fonds entre les patrimoines personnels des époux et les biens communs, afin de déterminer les éventuelles récompenses ou créances entre époux. Ainsi, par exemple, si l’un des époux a investi de l’argent personnel reçu par héritage dans l’achat d’un bien commun, il aura droit à une récompense.

Lorsque les droits des époux dans la masse à partager auront été déterminés, les biens seront ensuite partagés et attribués aux époux pour les remplir de leurs droits. Si l’un d’eux reçoit des biens d’une valeur supérieure à ses droits, par exemple parce qu’il souhaite conserver la résidence principale, une soulte à verser à l’autre sera alors prévue à l’acte. L’ensemble est formalisé dans un acte authentique dressé par le notaire et signé par les époux.

Questions fréquentes

En règle générale, un divorce par consentement mutuel prend entre 3 et 6 mois. Le délai légal incompressible de 15 jours entre l'envoi du projet de convention et sa signature représente le minimum. Le reste du délai dépend de la réactivité des avocats et du notaire, ainsi que de la complexité du patrimoine à partager.

Non, pas dans tous les cas. Le notaire est obligatoire dans deux situations : pour le dépôt de la convention de divorce par consentement mutuel, et pour la rédaction de l'état liquidatif dès lors que les époux possèdent un bien immobilier en commun. En l'absence de patrimoine immobilier, son intervention peut être plus limitée.

La soulte est une somme d'argent versée par l'un des époux à l'autre lorsque le partage des biens est inégal. Par exemple, si l'un des époux souhaite conserver seul la résidence principale dont la valeur dépasse sa quote-part dans le patrimoine commun, il devra verser une soulte à l'autre pour compenser cette différence.

Oui. Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel, le notaire est choisi d'un commun accord par les époux et désigné dans la convention de divorce. Il n'y a aucune obligation de recourir au notaire de votre commune.

Le délai légal de 15 jours précédant la signature est précisément prévu pour permettre à chaque époux de mûrir sa décision. Une fois la convention signée par les quatre parties (les deux époux et leurs avocats) et déposée chez le notaire, le divorce est effectif et ne peut plus être remis en cause par la seule volonté d'un époux.

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