Réforme du DPE 2026 : ce qui change pour votre logement au 1er janvier

À compter du 1er janvier 2026, le mode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évolue significativement. Cette réforme, officialisée par l'arrêté du 13 août 2025, va permettre à près de 850 000 logements de sortir du statut de passoire thermique selon les estimations gouvernementales, avec des conséquences directes sur les transactions immobilières et le marché locatif. Nous vous expliquons ce qui change concrètement et comment en bénéficier dans cet article.
Réforme DPE 2026

Ce qui change au 1er janvier 2026

Le cœur de cette réforme porte sur le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul du DPE. Actuellement fixé à 2,3, ce coefficient sera abaissé à 1,9 pour s’aligner sur la valeur européenne définie par la directive sur l’efficacité énergétique.

Concrètement, ce coefficient permet de convertir l’énergie finale (celle que vous consommez et payez) en énergie primaire (celle nécessaire à la production, au transport et à la distribution). Jusqu’à présent, ce mode de calcul pénalisait fortement les logements chauffés à l’électricité en considérant qu’il fallait 2,3 kWh d’énergie primaire pour produire 1 kWh d’électricité consommée. Or, cette estimation ne reflète plus la réalité du mix énergétique français, décarboné à plus de 90 %.

Pour illustrer cet impact, prenons l’exemple d’un logement consommant 10 000 kWh d’électricité par an. Avec l’ancien coefficient, sa consommation en énergie primaire était évaluée à 23 000 kWh. Avec le nouveau coefficient de 1,9, elle passera à 19 000 kWh, soit une diminution de plus de 17 %. Cette baisse peut suffire à faire gagner une classe énergétique au logement.

Les logements concernés par cette réforme

Cette évolution bénéficiera principalement aux logements chauffés à l’électricité, qu’il s’agisse de radiateurs électriques, de pompes à chaleur, de planchers chauffants ou de chauffe-eau électriques. Le gouvernement estime que près de la moitié des logements « tout électrique » verront leur étiquette énergétique s’améliorer automatiquement.

L’enjeu est particulièrement important pour les propriétaires de biens actuellement classés F ou G. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location, et ceux classés F seront concernés à partir de 2028. Cette réforme pourrait donc permettre à certains propriétaires d’éviter une interdiction de louer sans avoir à engager de travaux de rénovation.

Attention toutefois : seuls les logements chauffés à l’électricité sont concernés. Si votre bien est équipé d’une chaudière au gaz ou au fioul, les coefficients appliqués à ces énergies restent inchangés et votre DPE ne sera pas impacté par cette réforme.

Les conséquences pour les propriétaires

Cette réforme a des implications directes sur plusieurs aspects de la gestion de votre patrimoine immobilier. En matière de valorisation, un logement qui passe de la classe F à la classe E gagnera en attractivité sur le marché, aussi bien pour une vente que pour une mise en location. Les études montrent qu’une amélioration d’une classe énergétique peut représenter une plus-value de plusieurs milliers d’euros.

Pour les propriétaires bailleurs, l’impact est encore plus significatif. Un logement qui sort du statut de passoire thermique échappe aux interdictions de location et peut continuer à être proposé sur le marché locatif sans travaux préalables. Cette situation peut également modifier la stratégie de rénovation énergétique, en permettant de concentrer les efforts et les aides (MaPrimeRénov’, éco-PTZ) sur les logements réellement énergivores, notamment ceux chauffés aux énergies fossiles.

Enfin, concernant les transactions en cours, tous les DPE édités à partir du 1er janvier 2026 intégreront automatiquement le nouveau coefficient. Les DPE réalisés avant cette date restent valables pendant leur durée légale de 10 ans, mais peuvent être mis à jour gratuitement si le nouveau calcul est plus favorable.

Comment obtenir votre nouveau DPE

Si votre logement est chauffé à l’électricité et que vous disposez d’un DPE réalisé après le 1er juillet 2021, vous pouvez obtenir une nouvelle attestation sans faire intervenir un diagnostiqueur. La procédure est entièrement gratuite et s’effectue en ligne sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.

Pour générer votre nouveau DPE, rendez-vous sur le site de l’ADEME et munissez-vous de votre DPE actuel. Localisez le numéro ADEME à 13 chiffres inscrit en haut à droite de votre document, puis saisissez-le dans le champ de recherche prévu à cet effet. Le système recalculera automatiquement votre étiquette énergétique avec le nouveau coefficient et vous permettra de télécharger une attestation actualisée. Cette attestation a la même valeur légale que le DPE original et reste valable jusqu’à la fin de sa période de validité.

Notez que cette mise à jour est facultative tant que vous n’avez pas besoin de présenter un DPE pour une vente ou une nouvelle mise en location. Cependant, si votre logement est actuellement classé F ou G et que le nouveau calcul vous permet de gagner une classe, il peut être judicieux de générer cette attestation sans attendre.

Ce qu'il faut retenir

La réforme du DPE qui entre en vigueur au 1er janvier 2026 constitue une opportunité pour les propriétaires de logements chauffés à l’électricité. Si elle ne modifie ni la consommation réelle de votre logement ni le montant de vos factures énergétiques, elle peut en revanche améliorer significativement sa valorisation et sa capacité à être loué.

Cette évolution ne doit toutefois pas occulter l’importance d’une bonne isolation thermique. Un logement très mal isolé restera mal classé même avec le nouveau coefficient, et les économies d’énergie passent avant tout par des travaux sur l’enveloppe du bâtiment.

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